En deux mots...

Le chacun pour soi n'est pas une fatalité.

Le cycle électoral présidentielles-législatives est terminé. Sarkozy est élu... assez largement. Mais un mois plus tard l'écart se resserre. "Les pauvres ont voté pour les riches", a titré un hebdomadaire. Sans doute a-t-il raison, tant il est vrai que les riches, pour l'être de plus en plus, ne sont pas pléthore, et ne pourraient en aucun cas infléchir le résultat d'une telle consultation. Il reste que les valeurs du candidat Sarkozy ne sont pas moins discutables que celles du Président Sarkozy. L'individu n'est pas tout. Le chacun pour soi, qui n'est que le prélude au tous contre tous, ne peut constituer une fin en soi. Ceux qui le pensent entrent en résistance... Avec des groupes de gauche à l'Assemblée qui dépassent les espérances que les résultats de la Présidentielle laissaient présager. Les médias glosent sur la déconfiture de la gauche. A vrai dire, ils ont eu du mal à résister au rouleau compresseur sarkozyste. La défaite à la présidentielle est réelle. On aurait tort de la nier. Pour autant,  Sarkozy n'a pas le blanc-seing qu'il espérait.  Pour obscur qu'il semble, l'avenir n'est pas écrit d'avance. Le chacun pour soi n'est pas une fatalité. A gauche, les chrétiens sont de ceux qui doivent porter haut et fort ce message.

pascal-pilet

Samedi 9 décembre 2006

La polémique qui s'est emparée de l'Eglise de France à la suite des déclaration de l'Evêque de Toulon Fréjus suggérant le boycott du Téléthon, pour cause d'expérimentations sur des embryons humains est particulièrement malvenue. Jean Pierre RICARD, Archevêque de Bordeaux et Président de la Conférence Episcopale de France s'est exprimé sans équivoque en soulignant l'importance du Téléthon, et l'importance pour les catholiques de le soutenir. Il reste que la fausse note est consternante. Comment des dignitaires de notre Eglise peuvent -ils être à ce point insensibles aux souffrances humaines ? ... Quelle image donne-t-on d'une Eglise solidaire des combats des hommes ? La dérive fondamentaliste de certains catholiques est inquiétante. Les traditionnalistes ne se contentent pas de préférences liturgiques du passé, ils voudraient aussi casser des dynamiques solidaires qui unissent des croyants et des non croyants, pour le progrès de l'homme. Cela nous ne sommes pas prêts à l'accepter. Pour le reste, une réflexion sur le Téléthon : ce qui est fait est bien, excellent même ; dommage que la puissance publique ne s'en charge pas. Que l'on doive faire appel à la charité de façon aussi continue pour résoudre des problèmes importants me pose problème. Mais c'est à l'Etat que s'adresse ma critique et non au Téléthon, qui essaie de faire ce qu'il peut avec ses moyens.

Par Pascal PILET
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 15 décembre 2006

Johnny HALLIDAY, "l'idole des jeunes", a décidé de fuir la France pour les cieux fiscaux plus cléments de la Suisse. Nicolas SARKOZY, en remet une couche aujourd'hui en soulignant que ceux qui "réussissent" ne peuvent rester en France. A vrai dire, je trouve tout ce petit monde un peu choquant. L'impôt sur le revenu demeure un moyen de redistribution entre riches et pauvres, et constitue, au côté de la protection sociale, le support de la solidarité nationale. Que Johnny HALLIDAY ait gagné beaucoup d'argent par son art et son travail, n'est pas choquant ; qu'au moment de participer, à hauteur de ses moyens au financement des besoins de la Société il se défile, l'est fortement. Qu'il ose afficher publiquement les raisons, plutôt honteuses, de son départ questionne véritablement. Je ne doute pas qu'il se trouvera de nombreuses voix, parmi le public de cette vedette, pour s'indigner de ce manque de considération pour un peuple dont aurait pu le croire plus solidaire. Une étoile se ternit.

Par Pascal PILET
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 16 décembre 2006

A voir les files de véhicules se dirigeant vers les hypermarchés, les processions de consommateurs attendant leur tour, les caddies regorgeant de cadeaux et de victuailles, on comprend que Noël est le jour le plus fêté de l'année. Dans une société laïque et sécularisée comme l'est la France, cette réalité ne manque pas de surprendre. A y regarder de plus près, le culte qui est célébré n'a pas grand chose à voir avec l'espérance chrétienne d'un Dieu qui vient naître parmi nous pour prendre le parti de la libération des plus pauvres et des opprimés. Mais il s'agit pourtant d'un culte... celui rendu à la déesse consommation. On a beau me dire que la consommation est nécessaire à l'économie et à l'emploi, je crois bien que cette nouvelle religion avec ses temples (les hypermarchés) et ses prêtres (les publicitaires et autres concepteurs de marketing) est une véritable menace pour notre liberté de conscience et d'action. Une aliénation au sens marxiste du terme, dans laquelle chacun est plus ou moins traversé par la pensée qu'il n'existe pas, hors d'une consommation normative de produits parfois aussi inutiles que coûteux, acquis sous l'injonction d'une pub agressive qui sait se faire séductrice pour désarmer notre jugement ... Pauvre Noël ! Il dépend pourtant de chacun d'entre-nous, croyant ou non croyant, de ne pas se laisser prendre par l'idolâtrie consumériste.  Après tout, il nous est loisible d'en faire un moment privilégié de rencontres, d'accueil, de partage et de solidarité aux sens profonds de ces termes... Cela peut ne coûter presque rien, mais cela peut tout changer, à l'image d'un rayon de pâle soleil hivernal qui entre timidement dans la pièce par la fenêtre, et pourtant illumine, réchauffe et rend heureux. Une joie et un bien-être simple. Un instant de paix et de vrai bonheur partagés. Joyeux Noël !

Par Pascal PILET
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 4 janvier 2007

Des tent es dans les villes pour abriter les SDF. Les associations ont trouvé le moyen de rendre visible un problème que le Gouvernement aurait préféré voir rester caché. Comme cela fait un peu désordre, on veut voter, en catastrophe, une loi sur le droit au logement opposable, dont les effets seraient progressifs : fin 2008 pour ceux qui sont dans la rue, en 2012 pour la masse des mal logés. Ce réveil de circonstance laisse circonspect. On parle d'une loi simple... qu'une autre loi pourrait toujours défaire ou vider de son contenu... Je préfèrerais grandement une inscription dans le marbre de la Constitution. 

Ségolène ROYAL, dans ses voeux présentés ce jour, a le mérite de faire des propositions concrètes : substitution de l'Etat aux collectivités territoriales qui préfèrent payer des pénalités plutôt que de respecter le quota de 20 % de logements sociaux, augmentation des impôts sur les logements vides depuis plus de deux ans, droit pour les communes d'opérer des acquisitions réquisitions de logements vides, mise en place d'un dispositif d'accès à la propriété de leur logement pour les locataires vivant dans leur logement HLM depuis 15 au moins, élargissement des conditions d'accés aux prêts gratuits...  Je vois dans ces mesures la volonté de rompre avec une logique spéculative qui domine le marché immobilier depuis l'explosion de la bulle boursière des nouvelles valeurs technologiques au début des années 2000. Un pas en avant peut être fait. Sans doute tous les SDF ne seront pas logés demain. Il faut bien le dire, la problématique SDF est complexe. Elle ne se limite pas au seul droit au logement.   L'accés à l'emploi, l'accompagnement social doivent également être développés pour réussir dans cette voie. Cela suppose de l'argent pour les associations, celui-là même que l'Etat ne cesse de réduire depuis qu'une certaine droite a pris le pouvoir en 2002.

Par Pascal PILET
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 11 janvier 2007

François HOLLANDE a indiqué aujourd'hui deux mesures essentielles, envisagées si la gauche emporte les élections : supprimer les baisses d'impôt accordées par la droite aux personnes gagnant plus de 4000 euros nets par mois, revenir sur les diminutions de l'impôt de solidarité sur la fortune. J'entends déjà les commentaires de certains : "trop d'impôt tue l'impôt", "on va faire fuir ceux qui entreprennent"... Pourtant, il faut avoir le courage de le dire : ces mesures n'ont rien de scandaleux. Elles manifestent concrêtement la volonté de réduire les inégalités, en redistribuant une partie de la richesse. Je sais bien qu'il est difficile de vivre ce partage. L'évangéliste Marc, met ces paroles dans la bouche de Jésus : "Il est plus difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux qu'à un chameau de passer par le trou d'une aiguille" (Marc-ch 10 versets 24-25). Quel sens de la formule ! Et quelle vérité derrière cette remarque ! Le culte de l'argent gangrène notre Société. Aujourd'hui beaucoup plus qu'hier. Une minorité en a trop, parfois beaucoup trop ; une majorité n'en a pas assez. Et cela crée des déséquilibres sociaux, importants, que nous répérons chaque jour : chômage, exclusion, violence... Pour "entrer dans le Royaume", ou en termes plus prosaiques que ceux de l'évangéliste, pour construire une Société dans laquelle il fait bon vivre, basée sur des  relations humaines agréables, un monde dans lequel hommes, femmes et enfants connaissent un épanouissement réel, il est indispensable, de faire de l'argent un serviteur et non un maître. L'impôt est fait pour cela. Il nous rappelle que nous sommes une Société, dans laquelle tous les individus ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Certains, du fait de leur naissance, de leurs talents ou de la chance, ont des moyens financiers importants. Il ne s'agit pas de les spolier. Mais tout simplement de leur permettre d'assumer pleinement leur place dans la Société.  Flatter l'évasion fiscale comme le fait Sarkozy en manifestant de la complaisance à l'égard des ultra-privilégiés qui font ce choix ("ceux qui ont réussi"), est doublement méprisant. Pour les intéressés d'abord, qui peuvent comprendre un discours parlant à leur intelligence et  à leur coeur, pour le reste du peuple ensuite, qui pour être moins riche, n'en est pas moins capable de réussite. Dans une Société moderne, l'impôt manifeste cette solidarité. Au fur et à mesure que la puissance publique est privée de ses ressources, on  ressuscite le caritatif pour gérer la question -collective par excellence-  de  la pauvreté, alors qu'une redistribution des richesses serait à la fois plus juste et plus efficace. Un véritable piège pour les chrétiens : à mal aider, et armé des meilleures intentions du monde, on peut arriver à conforter les mécanismes de reproduction de la pauvreté. Je me réjouis que le projet socialiste offre en ce domaine, de nouvelles perspectives.

Par Pascal PILET
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

RÉSISTANCES...

Chrétien et de gauche... Bizarre, on ne précise jamais chrétien et de droite, comme si cela allait davantage de soi !  Bête rare (semble-t-il de plus en plus) dans l'Eglise catholique d'aujourd'hui, curiosité dans les organisations de gauche... ("Tiens, ça existe encore !). Une identité riche, qui relie la promesse biblique de la libération de l'oppression faite au Peuple d'Israël de l'Antiquité, avec le combat actuel pour une société plus juste, plus égalitaire, et au total plus vivable pour nos enfants. Une promesse de vie pleine et fraternelle à construire avec tous, dans le respect des différences et des consciences. Tout un programme et une ligne de vie !

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus