En deux mots...

Le chacun pour soi n'est pas une fatalité.

Le cycle électoral présidentielles-législatives est terminé. Sarkozy est élu... assez largement. Mais un mois plus tard l'écart se resserre. "Les pauvres ont voté pour les riches", a titré un hebdomadaire. Sans doute a-t-il raison, tant il est vrai que les riches, pour l'être de plus en plus, ne sont pas pléthore, et ne pourraient en aucun cas infléchir le résultat d'une telle consultation. Il reste que les valeurs du candidat Sarkozy ne sont pas moins discutables que celles du Président Sarkozy. L'individu n'est pas tout. Le chacun pour soi, qui n'est que le prélude au tous contre tous, ne peut constituer une fin en soi. Ceux qui le pensent entrent en résistance... Avec des groupes de gauche à l'Assemblée qui dépassent les espérances que les résultats de la Présidentielle laissaient présager. Les médias glosent sur la déconfiture de la gauche. A vrai dire, ils ont eu du mal à résister au rouleau compresseur sarkozyste. La défaite à la présidentielle est réelle. On aurait tort de la nier. Pour autant,  Sarkozy n'a pas le blanc-seing qu'il espérait.  Pour obscur qu'il semble, l'avenir n'est pas écrit d'avance. Le chacun pour soi n'est pas une fatalité. A gauche, les chrétiens sont de ceux qui doivent porter haut et fort ce message.

Samedi 19 mai 2007

                                                                                                                                                     " La fidélité, c’est pour les sentiments, l’efficacité pour le Gouvernement"                        déclarait dernièrement Nicolas SARKOZY à un parterre de députés pourtant acquis à sa cause. Une telle phrase, abondamment reprise par les médias, ne manque pas de m’interpeller et de m’inquiéter. J’évoquais récemment les valeurs inquiétantes qui avaient gagné les élections en France. Ce genre de positionnement n’est pas pour me rassurer. La férocité de la formule met en relief une déliquescence du sens éthique. En somme, les fins (parfois assez opaques, comme pour la constitution du nouveau gouvernement) justifieraient les moyens. Quand on sait où cette vision a conduit à travers l’histoire, on ne peut que rester vigilant sur la suite des événements.

Vouloir dissocier l’action des sentiments, des valeurs, n’est pas neutre. Comme si l’efficacité avait un sens sans ces valeurs. Sans les valeurs républicaines, par exemple, la construction du plein emploi peut se traduire par une mise à disposition de salariés taillables et corvéables à merci… nouveaux esclaves d'une société mondialisée et sans éthique. La méthode peut donc  être efficace, mais  la solution n'est pas éthique pour autant. Elle crée même de plus grands troubles que ceux qu’elle prétend régler.

Vouloir dissocier l’action des valeurs conduit à une logique du tous contre tous, où soumis à la loi de la jungle, l’homme devient un loup pour ses semblables. La confiance, ciment indispensable d’une société, disparaît au profit d’une méfiance généralisée et d’une insécurité institutionnalisée.

La composition du nouveau Gouvernement nous donne un avant-goût de cette nouvelle philosophie politique. Prétendant l’ouverture, on débauche quelques personnes à l’ego surdimensionné, qui jusqu’à présent se situaient à la gauche de l’échiquier politique. Besson, il y a quelques semaines, Kouchner hier… Le chrétien que je suis se souvient de l’un des textes fondateurs du judeo-christiannisme : Esaü vendant son droit d’aînesse à son frère pour un plat de lentilles. (Genèse 25). En soutenant une politique que tout annonce comme étant étrangère aux idéaux de la Gauche sociale et politique, ces personnes renoncent à leur part d’héritage du combat mené depuis le XIX° siècle par le monde ouvrier pour sa libération. Ni plus ni moins. Elles ne représentent plus que le renoncement à des idéaux qui continuent pourtant à faire vivre beaucoup d’autres et qui demeurent plus que jamais nécessaires dans le contexte actuel.

Je comprends le trouble de certains militants de droite, honnêtement de droite… On sait en effet où commence la trahison et jamais où elle peut nous amener. Il très inquiétant que les plus hautes autorités de l’Etat revendiquent de telles pratiques comme principe de gouvernement.

 

par Pascal PILET publié dans : pascal-pilet
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Retour à la page d'accueil

RÉSISTANCES...

Chrétien et de gauche... Bizarre, on ne précise jamais chrétien et de droite, comme si cela allait davantage de soi !  Bête rare (semble-t-il de plus en plus) dans l'Eglise catholique d'aujourd'hui, curiosité dans les organisations de gauche... ("Tiens, ça existe encore !). Une identité riche, qui relie la promesse biblique de la libération de l'oppression faite au Peuple d'Israël de l'Antiquité, avec le combat actuel pour une société plus juste, plus égalitaire, et au total plus vivable pour nos enfants. Une promesse de vie pleine et fraternelle à construire avec tous, dans le respect des différences et des consciences. Tout un programme et une ligne de vie !

definition de blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus