En deux mots...

Le chacun pour soi n'est pas une fatalité.

Le cycle électoral présidentielles-législatives est terminé. Sarkozy est élu... assez largement. Mais un mois plus tard l'écart se resserre. "Les pauvres ont voté pour les riches", a titré un hebdomadaire. Sans doute a-t-il raison, tant il est vrai que les riches, pour l'être de plus en plus, ne sont pas pléthore, et ne pourraient en aucun cas infléchir le résultat d'une telle consultation. Il reste que les valeurs du candidat Sarkozy ne sont pas moins discutables que celles du Président Sarkozy. L'individu n'est pas tout. Le chacun pour soi, qui n'est que le prélude au tous contre tous, ne peut constituer une fin en soi. Ceux qui le pensent entrent en résistance... Avec des groupes de gauche à l'Assemblée qui dépassent les espérances que les résultats de la Présidentielle laissaient présager. Les médias glosent sur la déconfiture de la gauche. A vrai dire, ils ont eu du mal à résister au rouleau compresseur sarkozyste. La défaite à la présidentielle est réelle. On aurait tort de la nier. Pour autant,  Sarkozy n'a pas le blanc-seing qu'il espérait.  Pour obscur qu'il semble, l'avenir n'est pas écrit d'avance. Le chacun pour soi n'est pas une fatalité. A gauche, les chrétiens sont de ceux qui doivent porter haut et fort ce message.

Lundi 15 janvier 2007

En 2004, alors  évêque de San Pedro,  il avait appuyé fortement la lutte des paysans sans terre paraguayens contre les latifundistes et les multinationales, qui se les approprient sans vergogne. Il  s’en était vivement pris à la dictature économique imposée par le FMI. Une démarche qui n’a pas du plaire en haut lieu : Jean-Paul II l’a mis à la retraite anticipée  à 52 ans. Lorsqu’on sait que « l’âge légal » pour un évêque est de 75 ans, on comprend que le Pape n’était pas très content de lui, même si les raisons de cette mise à l’écart n’ont pas été publiées. Une affaire qui n’est pas sans rappeler celle de Jacques GAILLOT, dix ans plus tôt. en France. Le parti des plus pauvres est malheureusement difficilement celui de l’establishment romain de notre Eglise catholique, hormis des déclarations générales et le plus souvent décontextualisées.

 

Le mouvement social paraguayen a reconnu en Fernando LUGO, un homme capable de porter l’espoir de tous ceux qui n’en peuvent plus de la gestion antidémocratique du Parti Colorado, au pouvoir depuis 1947. Des organisations d’opposition, les paysans sans terre, des syndicalistes, lui ont demandé de porter leurs couleurs à la présidentielle de 2008.  Il dit de lui-même : « je ne suis ni de gauche ni de droite  , car au Paraguay, il y a seulement ceux qui ont volé, et ceux qui sont les victimes de ce vol ». 

Annonçant sa candidature le jour de Noël, il a demandé à retourner à l’état laïc. Cela apparaît essentiel pour le respect de la laïcité de l’Etat, car il n’est jamais très sain que des religieux, même portés par les meilleures intentions du monde, dirigent la société civile, et engendrent un mélange des genres.

Le Président de la Conférence épiscopale paraguayenne, Ignacio Goraya, a condamné la "rébellion" et menacé Fernando LUGO d’excommunication. Depuis le Vatican,  le Cardinal Giovanni Battista Ré, préfet de la Congrégation des Evêques, lui a adressé un courrier l’informant l’admonestation du Pape Benoît XVI et lui ordonnant de renoncer à sa candidature. Une position qui n’est pas celle des milieux progressistes de l’Eglise : on se souvient qu’en juin dernier, à l'appel de Fernando LUGO, plus de 2000 personnes avaient formé une chaîne humaine contre l’injustice. De nombreux prêtres, religieux (entraînant leurs novices)  et étudiants avaient participé. Des prêtres en vue, comme le provincial des jésuites, Carlos CANILLAS, ainsi que Pedro VELASCO, connu comme « le curé des pauvres », José Valpuesta, Francisco de Paula OLIVA, avaient alors participé aux manifestations. Ce sont eux qui ont raison !

Par Pascal PILET - Publié dans : pascal-pilet
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RÉSISTANCES...

Chrétien et de gauche... Bizarre, on ne précise jamais chrétien et de droite, comme si cela allait davantage de soi !  Bête rare (semble-t-il de plus en plus) dans l'Eglise catholique d'aujourd'hui, curiosité dans les organisations de gauche... ("Tiens, ça existe encore !). Une identité riche, qui relie la promesse biblique de la libération de l'oppression faite au Peuple d'Israël de l'Antiquité, avec le combat actuel pour une société plus juste, plus égalitaire, et au total plus vivable pour nos enfants. Une promesse de vie pleine et fraternelle à construire avec tous, dans le respect des différences et des consciences. Tout un programme et une ligne de vie !

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