En deux mots...

Le chacun pour soi n'est pas une fatalité.

Le cycle électoral présidentielles-législatives est terminé. Sarkozy est élu... assez largement. Mais un mois plus tard l'écart se resserre. "Les pauvres ont voté pour les riches", a titré un hebdomadaire. Sans doute a-t-il raison, tant il est vrai que les riches, pour l'être de plus en plus, ne sont pas pléthore, et ne pourraient en aucun cas infléchir le résultat d'une telle consultation. Il reste que les valeurs du candidat Sarkozy ne sont pas moins discutables que celles du Président Sarkozy. L'individu n'est pas tout. Le chacun pour soi, qui n'est que le prélude au tous contre tous, ne peut constituer une fin en soi. Ceux qui le pensent entrent en résistance... Avec des groupes de gauche à l'Assemblée qui dépassent les espérances que les résultats de la Présidentielle laissaient présager. Les médias glosent sur la déconfiture de la gauche. A vrai dire, ils ont eu du mal à résister au rouleau compresseur sarkozyste. La défaite à la présidentielle est réelle. On aurait tort de la nier. Pour autant,  Sarkozy n'a pas le blanc-seing qu'il espérait.  Pour obscur qu'il semble, l'avenir n'est pas écrit d'avance. Le chacun pour soi n'est pas une fatalité. A gauche, les chrétiens sont de ceux qui doivent porter haut et fort ce message.

Jeudi 11 janvier 2007

François HOLLANDE a indiqué aujourd'hui deux mesures essentielles, envisagées si la gauche emporte les élections : supprimer les baisses d'impôt accordées par la droite aux personnes gagnant plus de 4000 euros nets par mois, revenir sur les diminutions de l'impôt de solidarité sur la fortune. J'entends déjà les commentaires de certains : "trop d'impôt tue l'impôt", "on va faire fuir ceux qui entreprennent"... Pourtant, il faut avoir le courage de le dire : ces mesures n'ont rien de scandaleux. Elles manifestent concrêtement la volonté de réduire les inégalités, en redistribuant une partie de la richesse. Je sais bien qu'il est difficile de vivre ce partage. L'évangéliste Marc, met ces paroles dans la bouche de Jésus : "Il est plus difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux qu'à un chameau de passer par le trou d'une aiguille" (Marc-ch 10 versets 24-25). Quel sens de la formule ! Et quelle vérité derrière cette remarque ! Le culte de l'argent gangrène notre Société. Aujourd'hui beaucoup plus qu'hier. Une minorité en a trop, parfois beaucoup trop ; une majorité n'en a pas assez. Et cela crée des déséquilibres sociaux, importants, que nous répérons chaque jour : chômage, exclusion, violence... Pour "entrer dans le Royaume", ou en termes plus prosaiques que ceux de l'évangéliste, pour construire une Société dans laquelle il fait bon vivre, basée sur des  relations humaines agréables, un monde dans lequel hommes, femmes et enfants connaissent un épanouissement réel, il est indispensable, de faire de l'argent un serviteur et non un maître. L'impôt est fait pour cela. Il nous rappelle que nous sommes une Société, dans laquelle tous les individus ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Certains, du fait de leur naissance, de leurs talents ou de la chance, ont des moyens financiers importants. Il ne s'agit pas de les spolier. Mais tout simplement de leur permettre d'assumer pleinement leur place dans la Société.  Flatter l'évasion fiscale comme le fait Sarkozy en manifestant de la complaisance à l'égard des ultra-privilégiés qui font ce choix ("ceux qui ont réussi"), est doublement méprisant. Pour les intéressés d'abord, qui peuvent comprendre un discours parlant à leur intelligence et  à leur coeur, pour le reste du peuple ensuite, qui pour être moins riche, n'en est pas moins capable de réussite. Dans une Société moderne, l'impôt manifeste cette solidarité. Au fur et à mesure que la puissance publique est privée de ses ressources, on  ressuscite le caritatif pour gérer la question -collective par excellence-  de  la pauvreté, alors qu'une redistribution des richesses serait à la fois plus juste et plus efficace. Un véritable piège pour les chrétiens : à mal aider, et armé des meilleures intentions du monde, on peut arriver à conforter les mécanismes de reproduction de la pauvreté. Je me réjouis que le projet socialiste offre en ce domaine, de nouvelles perspectives.

Par Pascal PILET - Publié dans : pascal-pilet
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RÉSISTANCES...

Chrétien et de gauche... Bizarre, on ne précise jamais chrétien et de droite, comme si cela allait davantage de soi !  Bête rare (semble-t-il de plus en plus) dans l'Eglise catholique d'aujourd'hui, curiosité dans les organisations de gauche... ("Tiens, ça existe encore !). Une identité riche, qui relie la promesse biblique de la libération de l'oppression faite au Peuple d'Israël de l'Antiquité, avec le combat actuel pour une société plus juste, plus égalitaire, et au total plus vivable pour nos enfants. Une promesse de vie pleine et fraternelle à construire avec tous, dans le respect des différences et des consciences. Tout un programme et une ligne de vie !

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