Les réflexions d'un chrétien de gauche
Le blog, quelques lignes lancées à la lecture incertaine de personnes du monde entier. Commenter l'actualité à partir de mon point de vue de chrétien, résolument engagé à gauche. Echanger avec d'autres, dans la diversité des opinions, communiquer... La technologie nous donne la possibilité de toucher le monde entier en quelques clics de souris. Quelle époque passionnante ! Pascal PILET
Le chacun pour soi n'est pas une fatalité.
Le cycle électoral présidentielles-législatives est terminé. Sarkozy est élu... assez largement. Mais un mois plus tard l'écart se resserre. "Les pauvres ont voté pour les riches", a titré un hebdomadaire. Sans doute a-t-il raison, tant il est vrai que les riches, pour l'être de plus en plus, ne sont pas pléthore, et ne pourraient en aucun cas infléchir le résultat d'une telle consultation. Il reste que les valeurs du candidat Sarkozy ne sont pas moins discutables que celles du Président Sarkozy. L'individu n'est pas tout. Le chacun pour soi, qui n'est que le prélude au tous contre tous, ne peut constituer une fin en soi. Ceux qui le pensent entrent en résistance... Avec des groupes de gauche à l'Assemblée qui dépassent les espérances que les résultats de la Présidentielle laissaient présager. Les médias glosent sur la déconfiture de la gauche. A vrai dire, ils ont eu du mal à résister au rouleau compresseur sarkozyste. La défaite à la présidentielle est réelle. On aurait tort de la nier. Pour autant, Sarkozy n'a pas le blanc-seing qu'il espérait. Pour obscur qu'il semble, l'avenir n'est pas écrit d'avance. Le chacun pour soi n'est pas une fatalité. A gauche, les chrétiens sont de ceux qui doivent porter haut et fort ce message.
La polémique qui s'est emparée de l'Eglise de France à la suite des déclaration de l'Evêque de Toulon Fréjus suggérant le boycott du Téléthon, pour cause d'expérimentations sur des embryons humains est particulièrement malvenue. Jean Pierre RICARD, Archevêque de Bordeaux et Président de la Conférence Episcopale de France s'est exprimé sans équivoque en soulignant l'importance du Téléthon, et l'importance pour les catholiques de le soutenir. Il reste que la fausse note est consternante. Comment des dignitaires de notre Eglise peuvent -ils être à ce point insensibles aux souffrances humaines ? ... Quelle image donne-t-on d'une Eglise solidaire des combats des hommes ? La dérive fondamentaliste de certains catholiques est inquiétante. Les traditionnalistes ne se contentent pas de préférences liturgiques du passé, ils voudraient aussi casser des dynamiques solidaires qui unissent des croyants et des non croyants, pour le progrès de l'homme. Cela nous ne sommes pas prêts à l'accepter. Pour le reste, une réflexion sur le Téléthon : ce qui est fait est bien, excellent même ; dommage que la puissance publique ne s'en charge pas. Que l'on doive faire appel à la charité de façon aussi continue pour résoudre des problèmes importants me pose problème. Mais c'est à l'Etat que s'adresse ma critique et non au Téléthon, qui essaie de faire ce qu'il peut avec ses moyens.
Chrétien et de gauche... Bizarre, on ne précise jamais chrétien et de droite, comme si cela allait davantage de soi ! Bête rare (semble-t-il de plus en plus) dans l'Eglise catholique d'aujourd'hui, curiosité dans les organisations de gauche... ("Tiens, ça existe encore !). Une identité riche, qui relie la promesse biblique de la libération de l'oppression faite au Peuple d'Israël de l'Antiquité, avec le combat actuel pour une société plus juste, plus égalitaire, et au total plus vivable pour nos enfants. Une promesse de vie pleine et fraternelle à construire avec tous, dans le respect des différences et des consciences. Tout un programme et une ligne de vie !