En deux mots...

Le chacun pour soi n'est pas une fatalité.

Le cycle électoral présidentielles-législatives est terminé. Sarkozy est élu... assez largement. Mais un mois plus tard l'écart se resserre. "Les pauvres ont voté pour les riches", a titré un hebdomadaire. Sans doute a-t-il raison, tant il est vrai que les riches, pour l'être de plus en plus, ne sont pas pléthore, et ne pourraient en aucun cas infléchir le résultat d'une telle consultation. Il reste que les valeurs du candidat Sarkozy ne sont pas moins discutables que celles du Président Sarkozy. L'individu n'est pas tout. Le chacun pour soi, qui n'est que le prélude au tous contre tous, ne peut constituer une fin en soi. Ceux qui le pensent entrent en résistance... Avec des groupes de gauche à l'Assemblée qui dépassent les espérances que les résultats de la Présidentielle laissaient présager. Les médias glosent sur la déconfiture de la gauche. A vrai dire, ils ont eu du mal à résister au rouleau compresseur sarkozyste. La défaite à la présidentielle est réelle. On aurait tort de la nier. Pour autant,  Sarkozy n'a pas le blanc-seing qu'il espérait.  Pour obscur qu'il semble, l'avenir n'est pas écrit d'avance. Le chacun pour soi n'est pas une fatalité. A gauche, les chrétiens sont de ceux qui doivent porter haut et fort ce message.

Lundi 21 avril 2008

 

 Parmi les premiers en France, ce blog avait annoncé l’an dernier, la candidature de Fernando LUGO, ancien évêque de San Pedro, au poste de Président de la République du Paraguay.  C’est désormais chose faite. Le Parti Colorado, de tendance conservatrice, qui détenait le pouvoir depuis 61 ans, connaît une déroute électorale qui ouvre la voie à un changement. Porteuse d’espérance pour les plus pauvres, cette victoire électorale questionne une Eglise qui a lourdement sanctionné l’ancien évêque, autant qu’une gauche européenne laïque qui se méfie du cléricalisme.

 

La victoire de Fernando LUGO, c’est en premier lieu celle de la théologie de la libération, fondant une option préférentielle pour les pauvres, dans la lignée du Concile de Vatican II.  Depuis 25 ans au moins, sous la conduite du Cardinal RATZINGER, alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi,  les théologies de la libération, qui s’étaient largement répandues en Amérique Latine, sont pourfendues, et leurs promoteurs poursuivis. Que le peuple paraguayen ait majoritairement choisi une figure de ce courant, est significatif, d’une attente profonde. L’appareil de l’Eglise catholique, qui ne cache pas ses sympathies pour les pouvoirs conservateurs d’Amérique Latine, se trouve contesté de façon extrêmement claire.  La victoire de Fernando LUGO, qui a abandonné le sacerdoce pour servir de façon différente, ne manquera pas d’être analysée comme cela, parmi les communautés de base, d’Amérique Latine et d’ailleurs.  Après la défaite du Parti Populaire, soutenu ostensiblement par l’Episcopat, en Espagne, il y a juste un mois,  le positionnement officiel de l’Eglise catholique est une nouvelle fois mis en cause par les peuples de pays dans lesquels elle avait jusqu’à présent une forte influence. Cette situation ne devrait pas manquer d’être analysée dans les cercles vaticans.


Cette victoire d’un candidat « de gauche » très particulier pose paradoxalement également question à la gauche européenne.  Même s’il a pris la précaution de renoncer au sacerdoce avant de s’engager en politique (les sanctions du Vatican ne sont venues qu’ensuite), l’arrivée d’un ancien évêque dans le costume d’un Président de la République,  interroge la conception laïque des institutions publiques, avec la crainte, pour certains, de voir refleurir une forme de cléricalisme.

 

Le chrétien de gauche, profondément attaché à la laïcité des institutions publiques, que je suis, est pourtant  confiant. La campagne de LUGO, à la différence de celle qui porta naguère Jean-Bertrand ARISTIDE au pouvoir en Haïti, n’a jamais eu de connotation messianique. On a vu un homme, un intellectuel, au service de l’organisation collective d’un peuple, ne reniant certes pas ses convictions chrétiennes, mais n’en faisant ni un étendard ni un préalable.  Je crois bien qu’il faille accorder le crédit à Fernando LUGO, de vouloir s’inscrire résolument dans un cadre démocratique et républicain, dans un contexte particulier, qui en a fait le plus capable d’incarner un rassemblement authentiquement progressiste. Nous suivrons l’expérience avec sympathie et intérêt.

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Vendredi 21 décembre 2007

Voici près de deux mois que je n’ai pas écrit une ligne sur mon blog. Beaucoup de travail, pas mal de réunions en soirée, des engagements familiaux… et puis après une année chargée, le besoin également de me taire, d’observer. Il y a des moments comme cela, où il faut savoir prendre le recul qu’il faut, si l’on ne veut pas devenir creux dans ce que l’on fait ou ce que l’on dit.

 

 

 Fin d’année, temps de l’Avent… Mélange des sentiments. L’impression que les causes pour lesquelles je m’investis n’avancent pas réellement. Nous vivons un temps de régression… de profonde régression même. Et le chrétien que je suis, sait bien que c’est dans ce monde que se vit, aujourd’hui et maintenant l’Incarnation… que la part de divin que nous portons tous peut et doit trouver à s’exprimer concrètement.

 

 

 

 

 

 

  Fin d’année, notre pays qui a fait, tout le monde est en train de s’en rendre compte, le mauvais choix, en élisant Nicolas SARKOZY à la Présidence de la République, est en train de changer de nature, troquant les valeurs républicaines de liberté, égalité, fraternité, par celles de soumission, inégalité et compétition. Le même va se faire chanoîne à Rome, et la France laïque malheureusement ne trouve rien à redire, pas plus que l’Eglise d’ailleurs qui cautionne ainsi une attitude générale fort éloignée de son enseignement. En six mois, on a fait 15 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches, et les plus pauvres meurent de froid dans la rue. Le pouvoir d’achat se dégrade, la vie familiale, sociale et associative est menacée par le travail du dimanche et la suppression des 35 heures. On reçoit dans la pompe les dictateurs, pour peu qu’on puisse commercer avec eux. Il me revient en mémoire cette parole de Jacques DELORS, dans la campagne présidentielle, en mai dernier : « Est-ce vraiment cette société que l’on veut ? ». Plus que jamais cette interrogation doit nous tarauder. Le message de l’Evangile n’est porteur d’aucun projet de Société précis, il est en revanche particulièment clair sur l’engagement en faveur du prochain. Nous ne pouvons accepter la disparition des valeurs de solidarité et de partage, sur l’autel de l’idolâtrie du profit. A Noël, nous manifestons l’espérance que cette conviction (re-)devienne celle des hommes de bonne volonté.

Joyeux Noël à tous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Pascal PILET - Publié dans : pascal-pilet
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Vendredi 17 août 2007

 

En plein cœur de l’été, juste avant qu’on commence à se soucier de la rentrée, un signe d’inquiétude pointe à l’horizon… La bouse va mal. A l’origine la remontée des taux de crédit aux Etats-Unis qui met des travailleurs américains dans l’impossibilité de rembourser les prêts immobiliers contractés à une époque ou les taux étaient moins cher… Ils sont tellement nombreux que certaines banques étasuniennes, qui avaient elle même dû recourir à des emprunts auprès des banques asiatiques et européennes, sont en cessation de paiement…

Dans l’histoire, les banques américaines souhaitaient réaliser des profits importants sur le dos des petits… car comme ils offrent moins de garanties, on leur facture le crédit au prix fort. Les banques européennes et asiatiques espéraient bien profiter de l’opération en relayant l’action de leurs homologues d’outre-atlantique…

Et au final, il risque bien n’y avoir que des perdants. Les acheteurs de logements qui ne peuvent plus les payer iront dans la rue… les banques ne pourront pas retrouver leur mise, car la chute de la demande de biens immobiliers va entraîner la baisse de leurs prix.

Nous avons ici la démonstration que le marché ne peut rien réguler par lui-même. La " main invisible " chère aux économistes libéraux est une chimère, une idole, au sens où le Peuple traversant le désert d’Egypte s’était mis à adorer un veau d’or (Exode 19 1-32)…

La situation actuelle nous invite à un examen de conscience individuel et collectif approfondi. Il nous faut, en particulier, exiger des politiques publiques du logement qui nous garantissent contre les effets intrinsèquement pervers de la spéculation immobilière. En matière de besoins fondamentaux des hommes et des femmes (santé, éducation, logement, protection sociale…) il est grand temps de faire prévaloir les solidarité collectives sur les appétits de profit.


Par Pascal PILET - Publié dans : pascal-pilet
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Samedi 30 juin 2007

Le Pape RATZINGER s'apprête à autoriser largement la célébration de la messe selon l'ancien rite, dit "de Saint Pie V". Fesses au Peuple et dans une langue ancienne, des traditionnalistes dont les affinités avec l'extrême-droite politique ne sont plus à démontrer, vont pouvoir à nouveau librement proposer des liturgies qui nous ramènent un demi siècle en arrière.  Pour la plupart des catholiques français, cette mesure est  assez incompréhensible... d'autant qu'elle semble valider la remise en question que ces courants font du Concile de Vatican II, qui au début des années soixante du vingtième siècle a su ouvrir l'Eglise catholique au monde. A vrai dire, nos évêques français ne se montrent guère dignes du legs de leurs prédécesseurs, pères conciliaires, qui sûrent faire, en quatre années de Concile, avancer notre Eglise comme il se devait. Les tendances centrifuges, fondées sur une fidélité aveugle au successeur de Pierre, ont eu raison des acquis du vécu de l'Eglise catholique au cours des quatre dernières décennies.  L'Episcopat de France, dont l'honneur avait été, précisément, d'ouvrir toutes grandes les fenêtres au souffle de l'Esprit, se replient désormais frileusement sur une situation qu'ils croient maîtriser au moment, où en vérité, elle leur échappe le plus. Le peuple de Dieu, celui des paroisses, celui des mouvements, n'a pas été consulté. L'Eglise catholique n'est pas une démocratie, nous dit-on ! Et rappeler l'Esprit du Concile est assez mal vu en cette période où l'on parle de "double herméneutique".  Roger SCHULTZ, le "Frère Roger", de Taizé, annonçait dans ma jeunesse, un "printemps de l'Eglise", auquel pour l'essentiel les chrétiens de ma génération sommes restés fidèles.  Les décisions du Pape RATZINGER nous replongent dans un hiver inattendu. La météo réserve parfois des caprices ! Parce que nous voyons plus loin que le moment présent, nous nous situons déjà dans la perspective de ce printemps pour lequel nous prions et nous agissons avant de  contribuer le moment venu. 

Par Pascal PILET - Publié dans : pascal-pilet
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Dimanche 20 mai 2007

Afin de faciliter l'accès aux textes des théologiens de la libération et à l'actualité de ce courant, j'ai ouvert un blog que l'on peut atteindre à l'adresse suivante :

http://theologiedelaliberation.hautetfort.com/

Sans prétention, j'y mettrai, le cas échéant après les avoir traduits, les textes d'actualité écrits par ces théologiens, dont le travail se poursuit, malgré les difficultés et les obstacles qui se dressent sur le chemin.

J'espère ainsi contribuer, modestement et à ma mesure, à la diffusion d'une pensée dont l'accès est singulièrement difficile dans l'Eglise catholique de France et par voie de conséquences dans nos librairies religieuses.

Par Pascal PILET - Publié dans : pascal-pilet
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RÉSISTANCES...

Chrétien et de gauche... Bizarre, on ne précise jamais chrétien et de droite, comme si cela allait davantage de soi !  Bête rare (semble-t-il de plus en plus) dans l'Eglise catholique d'aujourd'hui, curiosité dans les organisations de gauche... ("Tiens, ça existe encore !). Une identité riche, qui relie la promesse biblique de la libération de l'oppression faite au Peuple d'Israël de l'Antiquité, avec le combat actuel pour une société plus juste, plus égalitaire, et au total plus vivable pour nos enfants. Une promesse de vie pleine et fraternelle à construire avec tous, dans le respect des différences et des consciences. Tout un programme et une ligne de vie !

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